Agrément ARS · Conventionnement · Reprise

Créer son entreprise d’ambulance : le parcours

Créer une société de transport sanitaire ne s’improvise pas : agrément de l’Agence régionale de santé, autorisation de mise en service des véhicules, équipage diplômé, puis conventionnement avec l’Assurance Maladie. Les assurances, elles, doivent être prêtes avant le premier transport.

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Créer son entreprise d’ambulance
agrément ARS obligatoire
Activité réglementée
la porte d’entrée
Agrément ARS
de mise en service par véhicule
Autorisation
pour être remboursé
Conventionnement

Le transport sanitaire est une activité réglementée

On ne s’installe pas transporteur sanitaire comme on ouvre un commerce : l’activité est encadrée par le Code de la santé publique et suppose un agrément préalable.

Le principe est posé par les articles L.6312-2 et R.6312-1 et suivants du Code de la santé publique : le transport sanitaire de personnes ne peut être effectué que par des entreprises agréées par l’Agence régionale de santé de leur département d’implantation. L’agrément est délivré au vu de conditions cumulatives portant sur les véhicules, le personnel et les installations matérielles.

À cela s’ajoute une contrainte de marché déterminante : le nombre de véhicules autorisés est régulé par département via des autorisations de mise en service. Dans les zones saturées, la seule voie d’entrée est la reprise d’une société existante ou le rachat d’autorisations.

Agrément, autorisation, conventionnement

Trois choses différentes, souvent confondues. L’agrément ARS autorise l’entreprise à exercer. L’autorisation de mise en service porte sur chaque véhicule et est contingentée par département. Le conventionnement avec l’Assurance Maladie conditionne la prise en charge des transports que vous réalisez : sans lui, le patient avance et attend son remboursement, ce qui vous exclut de fait du marché.

Les étapes pour créer une société de transport sanitaire

  1. 1
    Valider les conditions de personnel

    L’équipage d’une ambulance comprend deux personnes, dont au moins un titulaire du diplôme d’État d’ambulancier. Le second peut être auxiliaire ambulancier. Un VSL est conduit par un seul professionnel qualifié.

  2. 2
    Constituer la société

    SASU, SARL ou EURL selon votre projet et le nombre d’associés. Le statut détermine votre protection sociale de dirigeant, donc votre besoin de prévoyance.

  3. 3
    Réunir les véhicules et les installations

    Véhicules conformes aux catégories A, C ou D de l’arrêté du 12 décembre 2017, local de remisage, moyens de désinfection et installation téléphonique permettant de recevoir les demandes.

  4. 4
    Déposer la demande d’agrément à l’ARS

    Le dossier porte sur l’entreprise, ses véhicules, son personnel et ses installations. L’ARS vérifie la conformité avant délivrance.

  5. 5
    Obtenir les autorisations de mise en service

    Chaque véhicule doit être autorisé. Le contingent départemental étant souvent atteint, cette étape est la plus contraignante à la création.

  6. 6
    Signer le conventionnement Assurance Maladie

    Il ouvre la prise en charge des transports prescrits et permet le tiers payant. C’est ce qui rend l’activité économiquement viable.

  7. 7
    Souscrire les assurances avant le premier transport

    Flotte pour chaque véhicule, RC Pro pour la manutention du patient, multirisque pour le local et le matériel, prévoyance pour le dirigeant.

Créer ou reprendre : le calcul n’est pas le même

CritèreCréationReprise
Autorisations de mise en serviceContingent souvent saturé, attente possibleReprises avec le fonds, principal intérêt de l’opération
ConventionnementÀ obtenirGénéralement transféré avec l’activité
Sinistralité assuranceAucun historique : première prime plus élevéeRelevé d’information repris — bon ou mauvais, il vous suit
Prix d’entréeCoût des véhicules et des installationsValorisation du fonds, souvent adossée aux autorisations
Relations prescripteursÀ construire avec les établissementsExistantes, à sécuriser lors du passage de relais
Demandez le relevé de sinistralité avant de signer

Dans une reprise, la sinistralité des trois dernières années de la flotte conditionne votre prime future. Une société aux nombreux sinistres responsables se rachète avec une prime d’assurance durablement dégradée : ce coût doit entrer dans la négociation du prix, au même titre que l’état des véhicules.

Les assurances à souscrire avant le premier transport

Flotte automobile
Obligatoire pour chaque véhicule (art. L.211-1 du Code des assurances). Le poste le plus lourd : dès ~95 €/mois pour un VSL, dès ~180 €/mois pour une ambulance.
RC Pro transport sanitaire
Non imposée par la loi mais indispensable dès que vous manipulez un patient hors du véhicule. Dès ~25 €/mois.
Multirisque entreprise
Local, garage, aire de désinfection et matériel médical embarqué. Presque toujours exigée par le bail. Dès ~35 €/mois.
Prévoyance du dirigeant
Métier physique et routier : l’arrêt de travail est un risque réel, à couvrir avec une franchise courte.
Prévoyance collective
Dès le premier salarié, dans le cadre du socle prévu par la convention collective de branche.
La prime de première année

Sans historique de sinistralité, un créateur se voit appliquer un tarif prudent, souvent 15 à 30 % au-dessus du marché. La bonne pratique consiste à préparer un dossier solide — expérience professionnelle du dirigeant, relevés d’information personnels des conducteurs, mesures de prévention — et à demander une clause de révision à la première échéance si l’année se passe sans sinistre.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur la création d’une entreprise d’ambulance

Faut-il être ambulancier diplômé pour créer la société ?
Le dirigeant n’a pas obligatoirement à détenir le diplôme d’État d’ambulancier, mais l’entreprise doit disposer d’un personnel qualifié : l’équipage d’une ambulance comprend deux personnes, dont au moins un titulaire du diplôme d’État d’ambulancier.
Quelle est la différence entre l’agrément et l’autorisation de mise en service ?
L’agrément est délivré à l’entreprise par l’ARS et l’autorise à exercer le transport sanitaire. L’autorisation de mise en service porte sur chaque véhicule et est contingentée par département : c’est elle qui limite en pratique les créations.
Peut-on démarrer sans conventionnement avec l’Assurance Maladie ?
Juridiquement oui, économiquement non. Sans conventionnement, les transports prescrits ne bénéficient pas du tiers payant et le patient doit avancer les frais, ce qui vous écarte des prescriptions hospitalières.
Vaut-il mieux créer ou reprendre ?
Dans les départements où le contingent d’autorisations est saturé, la reprise est souvent la seule voie réaliste. Elle transfère les autorisations et les relations prescripteurs, mais aussi la sinistralité passée, qui pèsera sur vos primes.
Quand souscrire les assurances ?
Avant la mise en service. La responsabilité civile circulation est obligatoire dès qu’un véhicule roule, et vos attestations sont demandées lors des démarches. Prévoyez le dossier assurance en parallèle de la demande d’agrément.
Pour aller plus loin

Pour aller plus loin

Préparez vos assurances avant la mise en service

Flotte, RC Pro et multirisque coordonnées pour être prêt le jour du premier transport.